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Le Figaro revient sur le lancement du Collectif Audace en PACA.

26 octobre 2015

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Comment le FN infiltre les réseaux patronaux

12 mai 2015

Surfant sur le désarroi des petits patrons face aux difficultés, le Front national tisse peu à peu ses réseaux dans les milieux économiques. Une quête d’influence qui sert sa stratégie de normalisation.

A quel moment ces patrons ont-ils basculé? Même au Front national, on ne le sait plus vraiment. “Au départ, c’était surtout des petits commerçants et des artisans. Mais maintenant, ce sont des chefs d’entreprise, des dirigeants, des cadres qui affluent et qui ne rechignent plus à s’afficher ouvertement”, prétend Thibaut Monnier, sillonnant, entre les deux tours des élections départementales, les routes de Franche-Comté. En lice dans le canton de Tavaux, dans lequel il a grandi, ce jeune entrepreneur, finalement battu au second tour du scrutin, ne se contente pas de labourer les terres jurassiennes pour le compte du FN; il entend porter haut et fort la voix du parti d’extrême droite dans les milieux d’affaires. Le rendez-vous avec ce frontiste des années 2010 a été fixé à la gare de Besançon. Un jeune dans son siècle, décontracté, une barbe de trois jours, un visage souligné par des yeux d’un bleu profond et des traits fins, c’est à peu près tout ce que l’on voit au premier abord. La suite? C’est un long monologue qui raconte le parcours d’un étudiant en droit, fils de commerçants chiraquiens, qui prend sa carte aux “Jeunes Pop” de l’UMP à l’âge de 20 ans, se sent trahi par le référendum de 2005, bascule parmi les déçus du sarkozysme pour tomber sous le charme de Marine Le Pen en 2011.

Le FN prospère là où le PS et l’UMP ne passent plus

Personne n’a vu la vague venir. Pendant des années, de bonne ou de mauvaise foi, médias, politologues et élus n’ont voulu voir que les scores du FN chez les ouvriers et les agriculteurs. Il a été finalement très peu question de sa percée dans les rangs du patronat. Pourtant, en 2012, les commerçants, les artisans et les petits patrons avaient voté à 25% pour Marine Le Pen. Loin du pouvoir et des faiseurs de loi, le front anti-FN s’est lézardé à vive allure, comme si le discours populiste de Marine Le Pen ne faisait plus peur. Passons sur les militants de la première heure. Il s’agit des autres, des patrons de PME, des commerçants, bien sûr, mais aussi des chefs d’entreprise et des cadres lambda que l’on a plutôt l’habitude de croiser au Medef ou à la CGPME. Pascale Van der Bauvede, 50 ans et des poussières, tient un salon de coiffure à Dreux, fief historique de l’extrême droite. Elle témoigne: “On en a ras le bol des promesses non tenues. Il n’y en a que pour les grosses entreprises. Pendant ce temps-là, nous sommes assommés par les charges. C’est pour cela que je me suis présentée aux élections départementales sous l’étiquette FN.” Le binôme s’est fait sortir dès le premier tour avec 41,6% des voix! Faut-il que les patrons soient à ce point désespérés pour céder aux sirènes du parti d’extrême droite? “Dans cette population, le taux d’abstention est très élevé. Par ailleurs, d’un point de vue électoral, il faut raisonner en fonction du nombre d’inscrits. A ce compte-là, le vote FN est plus près de 15% que de 30% chez les chefs d’entreprise”, se récrie Michel Offerlé, professeur de science politique à l’Ecole normale supérieure.

Aux élections départementales, c’est parmi les candidats FN que les artisans, les commerçants et les chefs d’entreprise étaient tout de même le mieux représentés: 7%, contre 3% à l’UMP et 1% au PS. L’adhésion aux thèses portées par ce Front national, soi-disant ” new-look “, a poussé comme une mauvaise herbe partout où les partis traditionnels ont oublié de passer. Thierry Grimaldi est patron de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Il a écrit à une soixantaine de candidats UMP et PS pour souligner le désarroi des petits patrons du bâtiment face au recours abusif aux travailleurs détachés, cette main-d’oeuvre bon marché venue de pays où les cotisations sociales sont bien inférieures. Trois seulement lui ont répondu. “Ils sont dans leur tour d’ivoire. Il ne faut pas s’étonner après d’entendre dans nos réunions des gens qui vont voter FN”, dit-il. Alors évidemment, quand Marion Maréchal-Le Pen donne un meeting à Lons-le-Saunier (Jura), ville désertée par les têtes d’affiche de la politique, elle fait salle comble. Et le parti y trouve l’occasion de faire le plein de candidats.

A la recherche de profils à forte valeur ajoutée

Cet afflux de patrons dans les rangs du Rassemblement Bleu Marine ne doit rien au hasard. C’est le résultat d’une stratégie d’influence menée discrètement dans l’antichambre du Front national. A la manoeuvre, les jeunes entrepreneurs patriotes du collectif Audace et leurs “grands frères”, les quadras du cercle Cardinal, où siégeraient quelques cadres sup du CAC 40. Rien à voir avec les raouts dont les organisations patronales sont friandes. Ici, on se coopte par CV. “On recherche des profils à forte valeur ajoutée. La dédiabolisation a fait son oeuvre, on a désormais une petite centaine de jeunes patrons triés sur le volet qui partagent nos idées”, poursuit Thibaut Monnier, cheville ouvrière du collectif Audace. “De quoi faire taire ceux qui instruisent le procès en incompétence économique du FN pour n’en faire qu’un parti de chômeurs. Il y a cinq ou dix ans, avec les patrons, c’était une drague impossible. On ne savait pas à quelle porte frapper. Maintenant, ce sont eux qui viennent à nous”, assure Axel Loustau, animateur du cercle Cardinal. Ce chef d’entreprise dans la sécurité privée est surtout connu pour son appartenance au GUD, l’organisation étudiante de droite dure. L’homme qui, selon Mediapart, vient d’être mis en examen pour “escroquerie” dans l’affaire du financement du microparti de Marine Le Pen se compose autant qu’il peut un sourire engageant.

Un casting soigné pour ne pas effrayer les élites

Tout ce beau monde se réunit régulièrement, se nourrit du terrain, phosphore, pond des notes, envoie des synthèses pour alimenter le staff du bureau national. “On part d’une problématique pour aboutir à une proposition politique. Les questions économiques ne sont jamais abordées d’un point de vue idéologique. Le champ est ouvert”, assure Thibaut Monnier. “Marine Le Pen ne demande qu’à être bousculée”, confirme Axel Loustau. Pierre (le prénom a été modifié) est directeur général d’une filiale d’une société du CAC 40. Il fait partie des membres fondateurs du cercle Cardinal. Il raconte: “J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de discuter avec elle. J’ai été bluffé par sa capacité d’écoute et sa volonté de comprendre nos préoccupations. Je l’ai vue reprendre in extenso des éléments de langage qu’on lui avait soumis et y adhérer avec conviction.”

Réunis dans une brasserie du XVIe arrondissement, dissimulé à l’abri des regards derrière un épais rideau rouge, ils étaient une poignée de dirigeants d’entreprise à célébrer en présence de Marine Le Pen, voilà un peu plus d’un an, l’acte de naissance du cercle Cardinal. Discrètement, ce cénacle qui garantit l’anonymat de ses membres a pour mission de se faire inviter dans les colloques, prendre le micro, porter, l’air de rien, une parole contradictoire dans les débats.

Pour faire de la retape auprès des élites économiques, les patrons étiquetés FN ont soigné leur storytelling. Le casting a été choisi aux petits oignons, “histoire de leur montrer qu’on n’est pas que des crânes rasés et des skinheads”, lâche Pierre Grandjean, qui a fondé Mon petit polo français, une marque made in France. Faire du business? Oui, mais pas au détriment de la nation, plaide ce jeune entrepreneur, transfuge du Medef, proche des idées du FN, mais qui se dit non militant. “Je ne suis pas toujours en phase avec la ligne du parti, notamment sur l’imbrication de l’Etat”, confesse-t-il. Coupe blonde au carré, Nathalie Desseigne, candidate dans le Jura, incarne, elle, les petits commerçants noyés sous les charges et abandonnés par les organisations patronales. Elle a été contrainte de vendre son fonds de commerce et travaille maintenant dans une épicerie. “Elle était gérante et, aujourd’hui, elle trimballe des palettes”, déplore un militant.

Flanqué d’un ami croisé sur les bancs de la fac de droit, Thibaut Monnier est allé jusqu’à racheter à la barre du tribunal une usine spécialisée dans le traitement de surface de l’aluminium, pour démontrer que la délocalisation n’était pas une fatalité. Sur la route sinueuse entre Vesoul et Belfort, le toit de sheds de l’ancien sous-traitant de Peugeot surgit au détour d’un virage. Des ouvrières plongent à la chaîne des vérins hydrauliques dans des bains d’acide et de teinture. Sanglé dans un tablier noir en caoutchouc, Chantale retire ses gants pour claquer la bise au patron. Elle est entrée dans l’usine à l’âge de 16 ans. Elle en avait 50 lorsque l’établissement a fermé ses portes. Elle raconte: “A part soudeur et carrossier à Montbéliard, Pôle emploi ne m’a rien proposé. Lorsqu’on est venu me rechercher, je vivais depuis un an et demi du Fonds de solidarité…” “Quand j’ai repris la société, on m’a traité de fou. Mon associé se paie à peine 500 euros par mois, mais ça me permet d’être crédible”, concède Thibaut Monnier.

La question de la sortie de l’euro reste un repoussoir

Un solide rempart contre une vague Bleu Marine dans les clubs huppés des milieux économiques reste la question de la sortie de l’euro. Le FN peine à convaincre les grands patrons. A entendre les ténors du collectif Audace, ce serait juste un problème de pédagogie. “Trop souvent, les gens ne connaissent pas la réalité du programme. La sortie concertée de l’euro mérite d’être expliquée”, assure Pierre Grandjean. “La manière dont on a posé le débat a été mauvaise. Ça nous a bien coûté 3 ou 4 points à la présidentielle”, estime pour sa part Axel Loustau.

Le crépuscule s’étire dans un ciel couvert lorsqu’on quitte Thibaut Monnier, le jeune entrepreneur frontiste, à la gare de Dole. A quatre jours du second tour, un meeting l’attend en centre-ville. Au premier tour, lui et son colistier ont récolté 35,38% des voix, juste derrière l’UMP (41,75%). La prochaine étape, il en convient, sera la création d’une organisation patronale. D’ici là, le collectif Audace organisera ses universités d’été. La CGPME et le Medef sont prévenus.

LES DEUX LEVIERS PATRONAUX DU FRONT

Le collectif AUDACE

Animateur : Antoine Mellies

Création : octobre 2014.

Réunions : une fois par mois.

Statut : affilié au Rassemblement Bleu Marine. Un siège au “Cap Eco”. Gilbert Collard est leur référent.

Adhérents : 300, dont 100 cooptés.

Propositions : rattachement du RSI au régime général; création d’un label public made in France.

Le cercle CARDINAL

Animateur : Axel Loustau

Création : février 2014.

Réunions : deux à trois fois par an.

Statut : non affilié.

Adhérents : une soixantaine, dont un noyau dur d’une dizaine de patrons.

Propositions : faire du nucléaire la clé de la transition énergétique, sans hausse de prix; amendements à la loi sur l’économie sociale et solidaire.

source : L’Expansion

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Étudiants, profs, écolos : comment le FN tente d’élargir son électorat

7 décembre 2014

© PAB/metronews

C’est une stratégie qui en dit long sur ses intentions. Dans sa volonté de bâtir “un programme béton” en vue de la présidentielle de 2017 et de crédibiliser la candidature de Marine Le Pen, le Front National a lancé depuis quelques mois plusieurs collectifs issus de la société civile. Ces derniers sont chargés d’élargir le spectre des propositions du parti, en abordant des sujets qu’il a longtemps délaissés.  Associés au Rassemblement Bleu Marine (RBM), ces groupes de réflexion thématiques soumettent des idées au FN, lequel sélectionnera ensuite celles qu’il juge les plus pertinentes. C’est Florian Philippot, vice-président chargé de la stratégie et de la communication, qui chapeaute les opérations.

 “Toucher un autre électorat”

“Nous sommes des boîtes à idées, des ‘think tank’ ayant pour vocation d’alimenter le futur programme”, explique David Masson-Weyl, le jeune fondateur (22 ans) du collectif Marianne, créé il y a six mois et qui se veut le “porte-voix de la jeunesse patriote” dans les universités : “La plupart des étudiants ne sont pas politisés, ils suivent l’actualité mais ils ne raisonnent pas en termes de partis”. L’objectif est également de toucher un autre électorat : “Nous avons un déficit auprès des jeunes diplômés”, admet-il.

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© PAB/metronews

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Exode de jeunes Français : mythe ou réalité?

8 octobre 2014

La population française vivant à l’étranger est en progression constante. Le registre des Français de l’étranger en comptait 1.6 Millions fin 2012, chiffre en augmentation de 3% à 4% par an depuis une dizaine d’année. L’enregistrement n’étant pas obligatoire, on peut facilement y ajouter 500 mille non-inscrits. Les travailleurs frontaliers quant à eux représentent à peu près 320 mille personnes, leur nombre connait lui aussi une forte augmentation, de l’ordre de 30% en dix ans.

Toutes les études le montrent, la proportion de jeunes diplômés et de jeunes actifs qualifiés constitue la plus forte augmentation parmi les expatriés. En effet, 1/3 des expatriés en 2013 ont entre 18 et 40 ans. Parmi eux 50% ont un niveau master ou doctorat et la moyenne de leur salaire est supérieur de 10K euros par rapport à la moyenne national Française.
Et les sondages réalisés auprès des jeunes diplômés laissent penser que le phénomène va continuer à s’amplifier durant les prochaines années. A la question « ou se situe votre avenir professionnel ? » posée par l’étude « Deloitte » sur l’humeur des jeunes diplômés, 27 % d’entre eux répondent à l’étranger. Il n’était que 13% un an plus tôt. Une autre étude réalisée par « Opinonway » montre que 34% des 18/34 ans envisagent leur avenir à l’étranger. Et parmi eux, plus les sondés sont jeunes plus les pourcentages sont élevés: 45% des 18/24 ans, 31% des 25-29 ans, 22% des 30-34 ans.
Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec l’augmentation du chômage chez les jeunes qui atteint le seuil alarmant de 25% en France. Les sondages montrent que le phénomène de rajeunissement de la population expatrié s’accentue à cause en partie de la crise économique et du sentiment de dépression de la société Française.

La perspective d’une meilleure carrière professionnelle est la motivation première d’expatriation. Que ce soit l’intérêt du poste, la rémunération ou les opportunités de carrière, l’étranger est vu comme offrant le plus de possibilité, étant moins hiérarchique que la France, les évolutions y sont perçues comme plus rapide.

En 2013, un peu moins d’ 1/3 des expatriés sont des professions libérales ou des créateurs d’entreprises, leur nombre est en progression de 50% en dix ans. Si la majorité d’entre eux étaient déjà sur place avant de lancer leurs activités, suite à des études ou par leur travail, ils sont unanimes pour dire que le cadre législatif, administratif et financier, plus favorable qu’en France, les a poussés à entreprendre.

Autre tendance de fond, l’allongement de la durée des séjours. En 2013, 38% des expatries Français vivent à l’étranger depuis plus de dix ans, il n’était que 27% en 2005. A cela s’ajoute une plus grande incertitude sur un éventuel retour en France : 47% d’entre eux n’ont pas pris de décision à ce stade et 23% pensent ne jamais revenir ou pas avant minimum une dizaine d’année.
Le paradoxe est qu’une très large majorité des expatriés, presque 90%, avouent maintenir un lien privilégiés avec la France, que ce soit par la famille, les amis, les relations professionnels ou encore par des investissements immobilier. Cela laisse penser que le choix d’expatriation est purement pragmatique, souvent contraint, et que si les conditions étaient plus favorable, nombre d’entre eux reviendrait travailler dans leur pays de cœur.

Support :
http://www.ifop.com/media/poll/2484-1-study_file.pdf
http://www.cci-paris-idf.fr/etudes/competitivite/europe-international/francais-etranger-expatriation-francais-quelle-realite-etudes
https://www.bcgperspectives.com/content/articles/human_resources_leadership_decoding_global_talent/#chapter1

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