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[ Tribune de François de Voyer ] Laissons une chance à nos TPE-PME !

27 février 2017

65 % des petits patrons sont favorables à la taxe de 3 % proposée par Marine Le Pen sur les importations afin de financer des baisses de charges !

Pierre Gattaz annonçait récemment dans une interview au Figaro : « Avec les réformes de Marine Le Pen, un avenir radieux est possible pour la France ! »

Bon, je dois vous l’avouer, cette citation est apocryphe… Prononcer ce nom brûle les lèvres du président du MEDEF, et il n’en est pas l’auteur. N’en est-elle pas moins vraie pour nos entreprises ?

Jeudi dernier, sur TF1, la candidate du souverainisme et du patriotisme concluait le « 20 Heures » en affirmant :

« Les TPE et les PME sont précisément celles qui vont bénéficier du projet que je porte, et j’assume le choix de faire d’elles les privilégiées dans ce projet. »

Un peu de « fact checking »

Parmi les 144 propositions de Marine Le Pen, on trouve en effet :

– l’abaissement massif des charges sociales pesant sur les TPE-PME ;
– le maintien du dispositif à taux réduit à 15 % de l’impôt sur les sociétés pour les TPE-PME et la création d’un taux intermédiaire à 24 % (au lieu de 33 %) pour les PME ;
– une transmission d’entreprise fluidifiée, en accordant l’exonération totale des plus-values de cession des actions et parts sociales des PME-PMI au bout de sept ans ;
– l’allégement de la complexité administrative et fiscale pesant sur les TPE-PME ;
– la réduction du nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés ;
– l’obligation, pour l’État et les collectivités territoriales, de respecter les délais de paiement ;
– la libéralisation de l’accès au crédit pour les TPE grâce à des taux préférentiels sous la supervision de la Banque de France ;
– la division par deux du taux d’intérêt maximum (taux d’usure) pour les emprunts et les découverts bancaires pour les entreprises et les ménages ;
– la réorientation du crédit impôt recherche vers les PME et les start-up, et d’une part de l’assurance-vie (2 %) vers le capital-risque et les entreprises innovantes ;
– la défiscalisation des heures supplémentaires en maintenant leur majoration.

Un programme mélenchonien, on l’aura compris !

Les intéressés ne s’y trompent pas : 65 % des petits patrons sont ainsi favorables à la taxe de 3 % proposée par Marine Le Pen sur les importations afin de financer des baisses de charges !

Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas inclure les grands groupes dans ce programme ?

Parce que, depuis des décennies, ils ont profité du laxisme bienveillant de l’État, alors que leurs bénéfices sont massivement reversés en dividendes au lieu d’alimenter l’économie réelle (plus de 50 milliards d’euros en 2016 pour le CAC). Parce que leurs emplois sont facilement délocalisables, contrairement à ceux des TPE-PME.

Parce qu’ils sont nombreux à pratiquer une optimisation fiscale déloyale. Parce qu’il apparaît juste de favoriser nos TPE-PME aujourd’hui pour qu’elles puissent devenir les grands groupes de demain.

Ces mesures concernent 99 % des entreprises et 50 % des salariés.

Il est temps de laisser leur chance à nos entreprises et, pour cela, de confier à Marine Le Pen les commandes de notre pays.

Source: Boulevard Voltaire.

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[ Tribune de Eric Ducellier ] Il suffirait de presque rien… Juste d’un peu de courage !

22 février 2017

Le 17 février 2017,

Lors de l’Emission Politique de France 2 du 9 février dernier, Marine Le Pen a été jugée convaincante par 41 % des sondés, soit un niveau d’approbation bien supérieur à celui de François Fillon et de Benoît Hamon lors de la même émission. Dans un sondage diffusé par Harris Interactive à l’issue de cette émission, 51 % des téléspectateurs de droite et du centre ont déclaré l’avoir trouvée « compétente ». Enfin, en termes d’audience, Marine Le Pen a réuni plus de 3,4 millions de téléspectateurs, un record pour cette émission, à comparer à ses concurrents qui n’ont même pas dépassé la barre des 3 millions de téléspectateurs. Devant un tel résultat, aussi encourageant, quels enseignements peut-on tirer en ce début de campagne ?

D’abord, se réjouir que, grâce à cette émission, les téléspectateurs aient pu prendre connaissance de façon directe des principaux axes de programme de Marine (parmi ses « 144 engagements présidentiels »), sans le filtre déformant et souvent malveillant de la plupart des journalistes et experts auto-proclamés. Leur approbation par une grande partie des téléspectateurs s’explique parce que ses engagements sont lisibles, cohérents, et surtout, pleinement assumés. Que l’on soit d’accord ou non avec elle, personne ne peut contester à Marine la constance, l’honnêteté intellectuelle et la fermeté de ses convictions.

Ensuite, constater que la prestation de Marine a été surtout l’occasion pour les français de réaliser qu’une des clés essentielles de réussite de toute action politique pour sortir notre pays de son marasme économique, financier, moral et intellectuel, était simplement : le courage ? Oui, le courage de prendre les décisions qui reviennent sur les erreurs du passé, sans quoi rien n’est possible, notamment en matière d’éducation, de sécurité ou d’immigration. Le courage aussi de prendre des chemins qui ne sont pas forcément ceux imposés ou pris par d’autres, par exemple vis-à-vis de l’UE. C’est à dire reconstituer une véritable Europe, celle de Nations indépendantes, à l’opposé de cette Europe dénaturée et inopérante depuis près de 10 ans, construite de force contre les peuples et leurs intérêts.

Cette qualité, elle manque depuis 40 ans à nos hommes politiques. Tous font le constat dans l’opinion publique de la « défiance à l’égard de la classe politique ». Mais, ont-ils compris que cette défiance s’exerçait vis-à-vis d’eux-mêmes car plus personne ne pense qu’ils ont le courage de prendre les mesures qui s’imposent ?

Quelle entreprise, quel ménage, quel citoyen, en situation d’échec depuis des décennies, ferait le choix de poursuivre la même politique, et les mêmes erreurs ? Nous vivons cette situation depuis des années. Les dangers que l’Euro fait courir à la France mais aussi à l’Europe sont désormais évidents pour tous, notamment pour bons nombres d’économistes à travers le monde. La politique d’immigration massive est considérée comme suicidaire par une majorité de français. Les principes qui guident l’éducation de nos enfants contribuent inexorablement à la baisse du niveau scolaire et à l’exclusion sociale. Et pourtant, malgré ces constats partagés par l’ensemble des français toutes sensibilités politiques confondues, c’est le renoncement qui préside, personne n’ayant le courage de prendre la moindre mesure qui reviendrait sur les erreurs passées. A d’autres époques tout aussi difficiles, certains ont eu le courage, par exemple, de mettre fin à l’étalon-or ou bien de sortir de l’OTAN. Aujourd’hui, plutôt que de mettre fin à système européen rigide et inefficace, on préfère poursuivre une politique de déflation et de gestion de la pénurie que d’aucuns savent sans issue.

Le collectif Audace l’a affirmé récemment, l’année qui commence est celle où le « politique reprend le pas sur l’économie ». Toutefois, cette affirmation est indissociable du fait que la politique ne peut s’exonérer de ce courage qui conduit à prendre des décisions, parce qu’elles sont nécessaires pour le pays et pour l’intérêt général, et à ne pas reculer par crainte de blesser tel ou tel intérêt particulier.

Vouloir recouvrer sa souveraineté politique et économique pour en disposer en totale responsabilité est bien l’expression la plus évidente de ce courage politique.

Et nous, électeurs, sommes-nous courageux ?

Le collectif Audace appelle tous les patriotes qui hésitent encore, bercés par les sirènes de la bienpensance, à cesser d’avoir peur et à avoir le courage de s’engager pour leurs valeurs, pour leurs idées, pour la France, avec Marine.

Car c’est sur le plan de la sincérité et de l’engagement affiché que se jouera l’issue de la campagne présidentielle.

 

Eric Ducellier

Responsable Cellule riposte

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[ Tribune de Eric Ducellier ] 2017 : l’année où le politique reprend le pas sur l’économie

1 février 2017

Le 1er février 2017

L’année 2016 a été marquée par une succession d’évènements qui, à plusieurs égards, peuvent être considérés comme historiques car ils s’inscrivent dans une tendance au sein du monde occidental, récente mais profonde et certainement durable, de retour du politique face à l’économique. Brexit en Grande Bretagne, élection de Donald Trump aux Etats Unis, référendum en Italie, élections en Autriche. Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, a même estimé que la victoire de Donald Trump est l’événement « le plus important depuis la chute du mur de Berlin » !

Ces victoires électorales n’ont été anticipées ni par les sondeurs, ni par les médias et, encore moins, par les politiciens en place, victimes depuis tant d’années de leurs erreurs de diagnostic de la situation de leurs pays et des attentes profondes des électeurs. De Hollande à Sarkozy, en passant par Fillon, tous ont affiché leur préférence pour Hillary Clinton et prédit sa victoire sur Donald Trump. Cette classe politique, qui ne cesse de se tromper, dans son analyse du passé et dans sa prise de décisions pour le présent, s’est disqualifiée à nouveau par son manque de discernement quant à l’avenir.

Les effets néfastes d’une mondialisation incontrôlée, l’accroissement des inégalités, l’appauvrissement des classes moyennes ne suffisent pas à expliquer le résultat de ces élections. Notamment au regard de la situation économique des pays concernés. Ces évènements sont surtout l’expression démocratique d’un malaise plus global, reflétant une angoisse de civilisation, une prise de conscience de la nécessaire reprise en mains par les Nations de leur destin. Cela veut-dire remettre le politique au cœur des débats, même sur des sujets de nature économique.

Bien souvent, les difficultés économiques rencontrées dans la plupart des pays, notamment en Europe, sont la conséquence de choix politiques erronés dans tous les domaines (monétaire, ouverture inconsidérée des frontières aux biens et aux personnes, sécurité, éducation, santé, immigration) qui, in fine, ont des répercussions économiques défavorables.

En Europe comme ailleurs, les électeurs souhaitent un retour du politique face à l’économique qui s’est progressivement emparé du pouvoir depuis les années 1970. Imposant sans limite un libre-échange exacerbé et une financiarisation de l’économie, cette idéologie n’a contribué ni à la croissance, ni au maintien des emplois nationaux et du pouvoir d’achat, mais a eu comme corollaire une immigration massive.

Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, personne ne peut contester, notamment en France, la nécessité d’engager des réformes pour remettre en ordre de marche l’économie, simplifier la vie des entreprises, faciliter l’accès des TPE et PME aux financements, encourager l’innovation et la production française… Pourtant, aucune solution efficace pour notre pays ne pourra être mise en place par des hommes politiques réduits à de super-gestionnaires, aux ordres de l’Union Européenne.

L’Etat stratège que propose Marine Le Pen consiste justement à remettre « l’église au milieu du village », c’est-à-dire redonner son rôle à l’Etat-Nation que l’Europe s’évertue à faire disparaître. Ce n’est pas parce que l’Etat a été démissionnaire depuis des années dans tous les domaines, même dans ses pouvoirs régaliens, qu’un pays peut s’en passer. Sans adhérer à un programme étatiste, dans une économie de libre-échange, la loi du marché ne peut être la seule référence pour régir l’ensemble des questions d’une Nation et en garantir les grands équilibres.

Tel est l’un des enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle qui sera l’occasion de donner à la France un(e) chef d’Etat ayant une vision claire de l’avenir de la Nation réconciliée avec elle-même !

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[CONVENTION PRESIDENTIELLE] « France, pays d’entrepreneurs, pays d’innovation», discours d’introduction de François de Voyer

9 janvier 2017

A Paris, le 5 janvier 2017

Madame la Présidente, M. le Vice président, chers amis,

Et si l’on oubliait pour une fois le sens des mots ?

Capitalisme de connivence, libéralisme, ultralibéralisme, néolibéralisme… Chacun brandit sa définition, on lance des anathèmes, on invoque Adam Smith, on écarte Friedman, on réhabilite Ricardo, on rugit contre Malthus… Le vice particulier fait le bonheur de tous, la main invisible caresse ou met des gifles, on s’embrouille, et cela se termine toujours par la même remarque frustrante : « de tout de façon, nous n’avons pas la même définition ».

D’une théorie à l’autre, l’encadrement du régalien est aussi variable que le coefficient des marées, le marché aussi vertueux qu’un directeur du FMI, bref, on ne sort pas plus savant de ce genre de débat d’écoles.

Et si l’on retirait enfin nos lunettes teintées d’idéologie ?

Non, et je parle en tant qu’entrepreneur, le marché ne peut être l’unique régulateur d’une société. Non, l’économie ne doit pas prendre le pas sur le politique : l’intendance doit s’effacer devant la puissance.

Que la croissance, le confort, l’enrichissement généralisé soient les meilleurs garants d’une société apaisée – paix qui doit être, ne l’oublions pas, l’unique visée du politique – c’est une certitude.

Que l’éthique, l’intégrité du corps humain, les traditions, le don, les savoir-faire artisanaux et industriels soient sacrifiés sur l’autel du profit à court terme, nous devons le refuser.

Si au nom d’une idéologie de la rente, d’un culte de la croissance, de l’adoration d’un veau de pétrole et de lithium, nous acceptons que les femmes louent leur ventre comme les ouvriers leurs bras, que l’on fasse travailler des gosses à l’autre bout du monde en regardant ailleurs, que l’on laisse les miettes du gâteau à des salariés uberisés, que nos usines ferment, alors nous ne sommes plus des Français, nous ne sommes plus des hommes.

Toute idéologie cherche cela : transformer la nature de l’Homme. Certains voudraient nous réduire à l’état de simples agents économiques. Mais la vie ne doit pas se résumer à rejoindre le matin une tour en verre, la quitter le soir pour aller consommer, consommer pour oublier qu’on ne sait même plus pourquoi l’on travaille, quand on a la chance de travailler… Revenons, à l’étymologie de l’économie : l’oikos, la maison, le foyer…

La vie professionnelle doit permettre de s’épanouir. L’argent doit permettre de se soigner, de nourrir et d’éduquer ses enfants. L’argent doit servir à créer, conserver et embellir, pas uniquement à reformer virtuellement de l’argent.

Pour cela, nous faisons confiance au citoyen, armé de son bon sens, pour dynamiser notre économie. Il lui faut une totale liberté d’entreprendre, de développer sa société, de créer de l’emploi sans être étouffé par des cotisations sociales et patronales mal réparties. Son élan ne doit pas être bridé par des paperasseries, et des démarches administratives pénibles. Il a naturellement une vision de long terme si les banques le soutiennent quand sa trésorerie souffre.

Il mérite d’être rétribué à la hauteur des risques qu’il a pris.

Le livre blanc que nous allons vous remettre aujourd’hui, Madame la Présidente, contient des propositions émanant directement du terrain, de ces citoyens entrepreneurs, employés, artisans, commerçants, des propositions de bon sens pour faciliter le quotidien de ceux qui créent de l’emploi durable.

Mais pour développer une entreprise sereinement, le citoyen a aussi besoin d’un Etat qui le mette à l’abri des concurrents trop puissants qui pourraient vouloir tuer son projet dans l’œuf. C’est ce que font les Etats-Unis avec le “Small Business Act”.

Un Etat qui offre à tous des infrastructures de qualité : un réseau internet, de transports, de services publics qui n’abandonne pas la ruralité.

Un Etat indépendant qui ne brade pas les entreprises stratégiques.

Un Etat souverain qui puisse encourager les secteurs qui en ont le plus besoin : là encore l’Oncle Sam n’hésite pas à transiger avec ses principes “libéraux” à travers son “Buy American Act”. Nous avons besoin d’un Etat mieux adapté, à l’écoute des citoyens, de leurs besoins économiques.

La liberté d’entreprendre dans le cadre d’un Etat stratège, c’est tout ce que demandent aujourd’hui les actifs en France, c’est ce que défend aussi bien le collectif Audace que le collectif Croissance Bleu Marine.

Abandonnons les vieilles idéologies datant des années 1980 dans lesquelles certains candidats semblent englués : libéralisme ou étatisme.

Une fois n’est pas coutume, imitons le pragmatisme de nos amis anglo-saxons ! La baisse de la livre sterling et une politique industrielle courageuse de Theresa May redonnent du souffle à l’économie britannique. Aux Etats Unis, Ford, sous la pression de Donald Trump, vient de renoncer à délocaliser une usine au Mexique pour investir dans le Michigan. C’est donc possible !

En France, un seul candidat propose une solution harmonieuse, c’est à dire, de l’air pour nos entreprises mais dans un cadre national défendu par un Etat souverain, moins pesant, mais plus fort, et ce candidat, c’est une femme, c’est Marine le Pen.

 

                                                                                                         François de Voyer, Président

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[Tribune de Eric Ducellier] Quand l’argent n’a vraiment plus d’odeur !

27 octobre 2016

Il y a quelques jours, nous apprenions par le journal Der Spiegel que le Qatar et d’autres investisseurs envisageaient de prendre une participation jusqu’à 25% dans le capital de la Deutsche Bank.

Cette nouvelle intervient dans un contexte financier extrêmement préoccupant pour la Deutsche Bank, la banque étant notamment sous la menace d’une amende de 14 milliards de dollars aux États-Unis dans le cadre d’un litige lié à la crise des « subprimes ». Même si les dernières informations laissent espérer un accord proche avec les autorités américaines pour réduire cette amende à 5,4 milliards de dollars, l’avenir de la première banque d’Allemagne reste fortement compromis. Afin de réduire ses coûts, le directeur financier de la Deutsche Bank aurait informé des représentants de l’établissement le mois dernier que les suppressions de postes programmées (9.000 annoncées en octobre 2015) pourraient être doublées. La situation s’est encore dégradée avec les révélations du Financial Times sur la partialité de la BCE vis-à-vis de la Deutsche Bank lors des derniers tests de résistance menés par les grandes banques de la zone euro durant l’été dernier.

Face à une telle situation, les milieux financiers allemands et européens sont prêts à tout pour sauver la Deutsche Bank, jusqu’à s’offrir encore plus complètement aux Qataris. Déjà principaux actionnaires (à hauteur de 10%) depuis 2014, nos chers alliés cheiks envisagent de prendre une participation de long terme dans la banque allemande, avec le soutien de fonds souverains. Leur participation atteindrait alors 25% du capital de la banque !

En réalité, cette annonce renvoie à deux questions qui dépassent le seul univers de la finance.

D’une part, l’usage abusif du droit américain à l’encontre d’entreprises européennes contraintes de payer des milliards de dollars d’amendes, ce que certains parlementaires français qualifient de “racket”. Les entreprises européennes auraient en quelques années versées aux différentes institutions et administrations américaines quelque 16 milliards de dollars au seul titre d’infractions aux embargos décidés par ces mêmes Etats-Unis.

D’autre part, la mise au second plan de toute réflexion morale et géopolitique de nos dirigeants politiques et financiers. Si personne ne peut remettre en cause la légitimité d’un nécessaire sauvetage d’un acteur majeur de l’économie allemande et européenne, et donc des emplois menacés, il n’est pas interdit de s’interroger sur la « moralité » et les intentions des prétendus sauveurs. En l’espèce, de qui s’agit-il ? D’une entreprise, d’une banque ? Non, il s’agit bien d’un Etat souverain, et quel Etat ? De multiples enquêtes et les révélations Wikileaks ne laissent plus planer le doute : le Qatar est avec l’Arabie saoudite, la principale source financière et militaire de l’extrémisme islamiste. En outre, la situation des droits de l’Homme au Qatar est catastrophique (maltraitance de travailleurs migrants, au point que l’on peut parfois parler de travaux forcés ou d’esclavage). Enfin, la peine de mort reste en vigueur, ainsi que les punitions corporelles, notamment la flagellation.

Malgré les preuves qui s’accumulent, le ministre allemand des Finances aurait affirmé ne pas avoir « de problème avec un tel investissement ». Mais peut-on jeter la pierre aux allemands alors que la France a accordé au Quatar en 2008 un statut fiscal exorbitant pour ses investissements en France, notamment en matière immobilière ? Les multiples investissements quataris dans notre pays ne soulèvent pourtant ni inquiétude ni réserve de la part de nos dirigeants politiques.

Les partisans de la Realpolitik nous diront de circuler ! Nous pourrions fermer les yeux si nos gouvernements ne tenaient pas en parallèle des discours larmoyants et moralisateurs, s’ils n’habillaient pas leur cynisme d’un masque geignard ou de postures martiales. L’on refuse de recevoir Poutine mais l’on se fait offrir des sabres par l’Arabie Saoudite. L’on promet de “droner” Assad, mais l’on vend notre plus beau joyau viennois au Qatar ! Que la première banque d’Allemagne, première économie européenne, risque de passer sous le contrôle d’un pays qui finance ceux-là mêmes qui cherchent à nous affaiblir, cela devrait provoquer des hurlements. Pourtant le silence est assourdissant…

Quand viendront les politiques qui empêcheront les banquiers de vendre le patrimoine à nos ennemis ? Peut-on encore exiger de ceux qui nous gouvernent de faire preuve de discernement historique et politique dans des décisions qui engagent l’avenir de leurs peuples ?

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